Depuis bientôt 110 ans, l’ICOF accompagne des générations d’élèves sur les chemins de la connaissance et de la vie humaine, en leur proposant une formation intégrale. Derrière cette longévité, une constante : l’appartenance à la tutelle des religieuses Ursulines de l’Union Romaine. Un ancrage historique, un peu comme un label de qualité vivant, qui oriente chaque jour les convictions portant notre démarche éducative.
La tutelle, qu’est-ce que c’est exactement ?
Dans l’enseignement catholique, les établissements sont nombreux à être issus de familles spirituelles et pédagogiques, masculines ou féminines. Les Jésuites, les Salésiens, les Maristes, les Lasalliens… chacune de ces congrégations porte une vision de l’éducation héritée de son fondateur. Notre tutelle des Ursulines de l’Union Romaine – née de la vision d’Angèle MERICI au XVIe siècle – constitue la quatrième tutelle de France, avec 25 établissements et près de 23.000 élèves.
Mais qu’est-ce qu’une tutelle, concrètement ? « C’est l’expression d’un lien canonique, explique Bertrand Eygun, chef d’établissement de l’ICOF, qui fonde une relation indéfectible entre un établissement et l’Église, incarnée ici par une congrégation religieuse. » Plus qu’administratif ou légal, ce lien est avant tout symbiotique : il rassemble des établissements autour d’une histoire et d’une identité commune, d’un même ADN éducatif et spirituel, celui de la famille ursuline.
Cet ADN se retrouve dans le blason du réseau scolaire mondial des Ursulines portant la devise Serviam, « je servirai » en latin. Un engagement fort, qui vaut autant pour les élèves que pour les professeurs et les personnels. Il se retrouve aussi dans la figure tutélaire : sainte Angèle Merici (1470-1540), qui donne l’adjectif méricien, pour ce qui concerne les œuvres scolaires de la congrégation.
Angèle Merici et le “insieme” : une pédagogie étonnamment moderne
Née en 1470 dans une famille rurale du nord de l’Italie, Angèle Merici a institué au tournant du XVe et du XVIe siècle un mouvement de femmes unies autour d’un idéal de paix et de service. Femme de caractère, elle s’était fait apprécier pour ses qualités d’accompagnement des personnes éprouvées et désespérées, elle s’interposa même entre deux princes en guerre. Ses écrits (ses Avis, la Règle des Ursulines, son Testament) témoignent d’une vision humaniste et chrétienne de l’éducation, par plusieurs aspects d’une grande modernité pour son époque.
L’un de ces Avis dit en substance : vous devez compter vos élèves une par une, et veiller à ce que chacune soit connue et reconnue. Une intuition qui résonne comme un manifeste pédagogique : chaque personne compte individuellement. Nous n’enseignons pas à une masse anonyme d’élèves, mais bien à des individus avec leurs propres personnalités, compétences, histoires, et cultures.
De cet héritage est né le concept de “insieme” (« ensemble » en italien), qui décrit le mode de fonctionnement collégial et participatif propre aux établissements ursulines. Une pédagogie où l’on construit ensemble, où l’on s’écoute, où l’on décide en impliquant tous les acteurs de la communauté éducative. Un marqueur pédagogique fort de notre établissement !
La visite de tutelle : un regard extérieur et exigeant
Les établissements rattachés à la tutelle des Ursulines de l’Union Romaine reçoivent des visites triennales. Les visiteurs s’assurent notamment que le projet éducatif est connu et mis en œuvre. Ainsi, tous les trois ans, des personnels d’autres établissements de la famille ursuline viennent passer trois jours à l’ICOF pour une « visite de tutelle ».
Pendant ces trois jours, les visiteurs rencontrent l’ensemble des partenaires de la communauté éducative : le chef d’établissement, les enseignants, mais aussi les élèves et leurs parents. Ils observent comment « vit la maison », dans un esprit constructif et d’exigence mutuelle.
Pour les familles, ce mécanisme est une garantie concrète. Il confirme le caractère propre de l’établissement : une œuvre éducative authentiquement à vocation chrétienne, qui s’engage et rend des comptes à une communauté plus large, une congrégation, l’Eglise.
À l’ICOF, ces valeurs prennent un visage : celui de chaque élève
Et c’est là que tout se concrétise ! Les personnels de l’ICOF sont tous orientés vers un même objectif : des élèves épanouis, des lycéens et des étudiants réussissant aux examens. La pastorale n’est pas un module en marge : elle place l’élève au centre de toutes les attentions, à travers l’écoute, les activités para-scolaires et des propositions qui font grandir.
Dans ce cadre, la personnalité du Chef d’établissement reste déterminante. Car si l’héritage de la congrégation de tutelle est structurant, chaque chef d’établissement y apporte ses convictions propres et son expérience. À l’ICOF, cela se traduit par une valeur cardinale : la considération. Chaque futur élève est reçu en entretien par le chef d’établissement lui-même, en présence de ses parents. Pour le connaître en personne, ses envies, ses difficultés, et ne pas se limiter pas aux informations contenues dans son dossier scolaire. Une relation personnalisée, dès le premier jour.
C’est peut-être cela, in fine, le cœur de l’héritage méricien, le leg d’Angèle MERICI, tel qu’il est vécu à l’ICOF : voir et compter chaque élève un par un, faire en sorte que chacun se sente connu, et reconnu, se développe en toute confiance et intégralement et réponde finalement à sa vocation.
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